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Agriculture bio

Un exemple d’agriculture Bio sur la presqu’île

Jean-Jacques
LE BRIS *

Qu’est-ce que l’agriculture bio ?

L’agriculture bio est une méthode de production agricole qui exclut l’utilisation de produits chimiques de synthèse et d’engrais minéraux. Elle est définie par un cahier des charges qui permet en production végétale et si c’est nécessaire, l’utilisation de fertilisants ou de produits de protection des plantes d’origine naturelle. L’application rigoureuse de ce cahier des charges est certifiée par des organismes certificateurs reconnus par le ministère de l’agriculture.
Notre ferme est contrôlée et certifiée par ECOCERT*** .
Il existe deux types d’audit :
Le premier est dit approfondi et planifié :
L’auditeur va contrôler l’amont et l’aval de notre activité : nos fournisseurs, nos clients doivent aussi certifiés bio. D’autre part, nous appliquons la règle de l’apport total à savoir que toute notre production est livrée à la coopérative.
L’auditeur n’a donc aucun mal à vérifier, les achats, les ventes, les rendements … nous sommes également équipés de logiciels de traçabilité, de suivi de nos cultures parcelle par parcelle et année par année.
L’autre audit est inopiné :
L’auditeur peut intervenir à tout moment dans les champs et dans les bâtiments et peut être amené à réaliser des prélèvements sur les récoltes.
A l’issue de ces audits, s’il n’y a pas d’anomalies le certificat « agriculture biologique » sera délivré.
Sans certificat, il est interdit de commercialiser en bio.

L’agriculture bio est-elle encouragée ?

Il existe actuellement des soutiens financiers, notamment pour la période de reconversion qui dure trois ans. Durant cette période l’agriculteur cultive en bio sans bénéficier de la certification. Des aides au maintien peuvent aussi être sollicitées. Cependant, l’équilibre économique des fermes bio est avant tout lié à la productivité de celles-ci.
La société émet des signaux, notamment environnementaux. L’agriculture bio représente seulement 10 % de l’activité agricole, l’offre de consommation semble atteindre la demande. Il me semble que la démocratisation de la bio se fera par la performance et la déontologie de la production à la distribution. Le consommateur devra également considérer que la qualité alimentaire conjuguée aux enjeux environnementaux a un coût !
Notre venue au bio
Avec mon épouse, nous avons fait ce choix en 1997. A l’époque, l’agriculture traversait des crises de confiance : poulets à la dioxine, vache folles etc ... Après plusieurs mois de réflexion, nous avons relevé le défi de nous engager dans l‘agriculture biologique qui, à l’époque, était quasi inexistante. Nous l’avons fait sans sectarisme et sans opposition à l’agriculture conventionnelle. La seule chose que nous avions, c’était des convictions mais il fallait ensuite réussir nos cultures … car en agriculture la preuve est fondamentale !

L’importance de la technologie

La herse étrille**

Il n’est pas question d’oublier les valeurs ancestrales comme le respect des saisons, les assolements, les rotations … Il va plutôt falloir y associer les nouvelles technologies et toutes ces techniques qui nous facilitent le travail. Le machinisme nous permet de travailler avec une grande précision pour les semis, les plantations et le binage.
En agriculture bio, lorsqu’ il y a échec, la tendance est de mettre tout de suite en avant trois phénomènes principaux : le parasitisme, la maladie, le salissement des cultures.
Or, l’échec vient principalement du salissement des cultures.
Cela se passe lorsque les mauvaises herbes entrent momentanément en concurrence avec la plante installée : celle-ci va devoir partager son espace aérien et souterrain avec un intrus ! Elle va donc s’affaiblir !
Parce que la plante s’affaiblit, les parasites de tout bord vont profiter de cette baisse d’énergie vitale pour la coloniser. Ce n’est pas le cas lorsque la plante est en bonne santé ! On comprend alors que le binage de précision est une des actions essentielles à mener pour éviter tous les désagréments qui en découlent. Il faut y ajouter les techniques de préparation du sol comme les faux semis etc.
Nous n’avons pas le droit à l’erreur car, évidemment nous ne pouvons pas utiliser d’herbicides !
C’est ce qui donne de l’attrait au métier ! Il est vrai que ce système amène, lors des binages, à consommer du carburant supplémentaire ce qui va à l’encontre de l’objectif recherché, mais nous essayons de limiter cet impact en travaillant avec des machines de grande largeur. Le bilan carbone de notre activité est une priorité.

La jeunesse

Parmi les jeunes agriculteurs, nombreux sont ceux qui se posent la question de passer à la bio. Il y a actuellement beaucoup d’organismes de conseil et de formation à leur disposition mais ce n’est jamais facile de franchir le pas ! Il faut y croire et y mettre le courage nécessaire.

Témoignage : Conviction et doutes

En août 1998, au début de notre conversion au bio, une de nos parcelles d’artichauts d’une superficie de 2 ha est envahie en totalité par des pucerons noirs. Nous pensions que nous allions perdre toute la parcelle. Après réflexion, mais avec beaucoup de doutes, nous avons préféré laisser faire la nature. Très rapidement, nous avons constaté la présence de larves de coccinelles par dizaine sur chaque feuille d’artichauts ! Lorsque nous avons fait notre première récolte en septembre, il n’y avait plus un seul puceron dans la parcelle et la récolte fut de qualité.

* Jean-Jacques se trouve dans un champ de « couvert végétal » semé après la précédente récolte (oignon) qui sera incorporé à la terre avant la prochaine culture. Ce « couvert » constitué d’avoine (graminées) et de trèfle incarnat a deux fonctions : Eviter l’érosion des sols et le lessivage des éléments fertilisants ; enrichir le sol car le trèfle a la particularité de fixer l’azote de l’air qui sera ensuite restitué à la terre lors de sa décomposition.

** Cette machine, appelée « herse étrille » permet d’extraire de nombreuses mauvaises herbes au stade où elles sont très jeunes. Une présence trop importante de mauvaises herbes dans cette culture de pois rendrait la récolte impossible.

*** Ecocert est une entreprise française créée en 1991 agissant comme organisme de certification et utilisant son nom comme marque de certification, notamment pour l’agriculture biologique. Son président et cofondateur est William Vidal. Le principal marché d’Ecocert est la certification de produits biologiques. L’entreprise est la première sur ce marché en France (où elle contrôlait 64 % des opérateurs dans l’agriculture biologique en 2015) et dans le monde.

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